De l’ébénisterie à la sculpture 

Un bois qui reprend vie…

Sculpteur ébéniste Pays Basque

©Charbo’Art

« Le bois est une matière vivante et chaude qui m’attire ».

Originaire d’Oloron, cet ébéniste-sculpteur aurait pu avoir un autre parcours. Sa rencontre avec le bois a immédiatement créé, en lui, une évidence.

« Mon premier contact avec le bois s’est fait avec une guitare, j’ai failli devenir luthier puis je me suis dirigé vers l’ébénisterie. C’est une matière que je trouve vivante et chaude. C’est ma matière, je ne l’explique pas. »

Cet artisan artiste travaille avec différents types de bois dans l’objectif d’obtenir un ressenti particulier : « à la recherche d’un toucher agréable, d’une certaine sensualité pour une série de sculptures, je me suis dirigé vers le platane. Un bois qui, de part son veinage très serré, permet une finition douce au toucher. »

Toujours en recherche d’expériences, ce jeune sculpteur s’intéresse au jeu d’ombres et de lumières, et à la technique japonaise du Shou-sugi-ban (bois brûlé). C’est alors que son choix se porte sur les résineux comme le pin des landes ou le cèdre, dont le veinage se creuse au contact de la flamme, pour obtenir cet étonnant effet d’ombres. 

Cet ébéniste de talent confirme ne pouvoir se passer ni de son travail d’ébéniste, ni de la sculpture. Pour lui l’un ne va pas sans l’autre.

 « J’aime définir mon art comme la passion du fait main, la machine la plus précise avec laquelle je crée reste ma main. »

Ebénisterie d’Art & Cuir

Le cuir m’enchante, le cuir m’anime, le cuir…je le sublime.

« Le cuir est l’un de mes matériaux de prédilection. »

C’est notamment de la fameuse Tannerie Rémy Carriat située à Espelette que proviennent les cuirs utilisés par Hermès ou Lancel pour fabriquer leurs merveilles. Leur rendre visite m’inspire beaucoup, sentir les odeurs, les couleurs… J’aime utiliser mes cinq sens pour travailler cette matière vivante.

J’ai choisi cette matière car elle est noble et a passé toutes les modes. Elle perdure et signe une espèce d’éternité, elle représente pour moi un trait d’union animal intergénérationnel et reste synonyme de luxe.

Les peaux ont effectivement cette particularité d’être vivante, ce qui peut également être une contrainte. J’ai choisi de détourner la façon artisanale de travailler le cuir, je pratique le tissage: je découpe des bandes, c’est ici qu’il faut avoir la main sûre et le coup de main. Il faut tendre les peaux, faire attention aux défauts et laisser les flancs de la peau qui ne s’utilisent pas. Les chutes (cuir non utilisable) sont nombreuses. Je compose mon tissage comme un tableau, je peux le décliner sous forme de grands panneaux qui deviennent des têtes de lit assorties aux intérieurs de mes clients. Il s’agit là d’un produit sur mesure d’une grande complexité. Je peux fabriquer mes assises, mes dossiers, ou encore, en intégrer où bon me semble et suivant ma créativité du moment. Je peux la mélanger à des matériaux dit « design » comme le valchromat ou encore au bois massif. Ce tissage a aussi des vertus acoustiques. Quand je décline le tissage en revêtement mural, il insonorise une pièce.

« Le cuir m’enchante, le cuir m’anime, le cuir…je le sublime. »

Couture – Tapisserie d’ameublement

Entretien passion

© Entre Terre & Talents

« Je suis couturière, couturière tapissière plus précisément. C’est un métier qui s’est offert à moi un peu par hasard, un peu par culot … mais que j’aime et pratique depuis plus de 20 ans.

Pourquoi cette passion pour ce métier ? Parce que c’est un métier d’art, un métier fait de précision et de diversité, sans prétention, c’est un savoir-faire ou l’on peut toucher du doigt la magie de la transformation des matières, l’harmonie des couleurs et des textures, et surtout voir les yeux pétillants de bonheur des clients qui nous ont confiés un meuble et un bout de tissu pour découvrir une pièce unique que leur regard va croiser chaque jour.

Je compare souvent notre façon de travailler à de la Haute – couture.

En effet, tout ce que je réalise est sur-mesure, je m’adapte aux besoins, aux envies du client, à son intérieur, au style général d’une pièce. Tout est fait à la main, pour plus de précision, plus de beauté, pour sublimer les matières, les couleurs et les textures.

Pour moi, le client est la pièce centrale d’une décoration unique.

Voilà pourquoi j’adore mon métier. »

Sculpture sur bois

Histoire de … Amatasun

© Entre Terre & Talents

Rencontre avec notre artiste sculpteur basque autour d’une de ses pièces, Amatasun.

« Amatasun signifie maternité en basque. Cette sculpture, je l’avais dessinée avant de rencontrer le bois dans lequel je l’ai finalement sculptée. Un dessin peut attendre des années avant de rencontrer le matériau qui va lui permettre d’exister. La recherche de la graphie est un des canaux qui me mènent à l’émotion et donc au partage.

Prendre une essence de bois pour la maternité, une évidence. Le chêne était incontournable à mes yeux. Son veinage est beau, sa matière est très robuste et pourtant il bouge, jokatu, il travaille, contrairement au châtaignier, par exemple, qui encaisse nettement plus facilement les différences d’hydrométrie ou de température. Le chêne se dilate ou se rétracte selon la température ambiante, il est chargé de tensions, il est vivant. Pour moi, ses caractéristiques s’appliquent parfaitement à une sculpture évoquant la maternité.

D’ailleurs, c’est pour cette vertu qu’on a pu choisir le chêne pour bâtir les maisons basques qui durent des siècles et des siècles. Il contribue à l’âme d’une demeure à laquelle on appartient. »

Céramique

L’Argile, apaisante et sécurisante

Au Japon, l’art de la céramique occupe une place majeure dans le quotidien. C’est là-bas que notre artisan d’art a découvert l’art de la céramique.

« C’est en vivant au Japon que j’ai découvert l’art de la céramique où elle tient une place majeure dans le quotidien.

C’est en étant interprète entre le public japonais et des artisans émérites de la Maison Hermès que j’ai découvert l’artisanat d’art.

Depuis 6 ans, je transmute la matière primaire de l’argile en histoires que des chefs étoilés souhaitent raconter à leur clientèle exigeante et amatrice, participant ainsi, à ma modeste place, au dialogue contenant-contenu, enrichi de l’ADN du terroir basque en travaillant avec l’eau de la rivière locale, joliment nommée « La Joyeuse ».

D’utilitaire à ornementale, elle me permet d’explorer ma poésie à travers des surtouts de table, des supports parfums et sculptures à parfumer et autres applications décoratives.

Apaisante et sécurisante, elle m’offre d’accueillir dans son giron primitif des apprenants lors d’ateliers « Hemen eta orain ». »