« Sortir du cadre et jouer des formes… »

Des meubles porteurs de rêverie…

@JeanMarcLailheuge

©JeanMarcLailheugue

Cet artiste designer passé par les Beaux Arts avant d’arriver au Pays Basque. Un parcours qui lui vaut une approche plus artistique de son métier.

« J’ai appris au fur et à mesure, d’abord en m’intéressant à l’espace, à l’objet, à la scénographie. D’un point de vue technique, je suis presque un autodidacte car je n’ai pas de formation en ébénisterie. »

Aujourd’hui, il propose des meubles aux lignes contemporaines mais empreints d’une forte identité.
Une de ses techniques de prédilection étant celle de l’assemblage de formes réalisées en multiplis de bouleau.

« J’aime le travail de la découpe, et rassembler ces lignes comme pour venir composer l’objet. Un peu à la façon d’un tissage de fibres, je crée ensuite de manière plus fine. Cette technique permet de dessiner beaucoup de courbes et le rendu donne l’illusion d’une matière qui se déploie. J’aime introduire comme un accident dans ces lignes épurées pour casser la symétrie de l’objet avec, en plus, cet effet visuel : selon le point de vue, l’objet prend une identité différente. »

Ce jeune talent privilégie avant tout l’écoute des envies et attentes des futurs propriétaires de ces meubles. « C’est à partir de l’échange que tout se passe, je ne reproduis pas quelque chose d’existant, j’ai besoin de dessiner puis de fabriquer. »

« Je considère les meubles que je dessine comme des paysages, je vois les creux de surfaces comme des vallées… Des paysages qui prendront vie dans un intérieur. Ce sont, pour moi, des objets porteurs de rêverie… » 

Création verrier

Le verre : un retour au minéral

L’Art de souffler le verre. Depuis l’enfance, il est émerveillé par la botanique et les minéraux. Cette fascination s’exprime dans ses pièces.

En effet, il intègre dans le verre des formes inattendues, végétales ou minérales, des couleurs-textures prises dans le verre comme autant de fossiles. L’artiste aime créer l’apparence du naturel.

Le travail du verre est physique car il exige de l’endurance : il faut tenir la chaleur du four. Ce travail sur la transparence et ses nuances géologiques appelle diverses techniques. Tout d’abord le thermoformage qui consiste à récupérer de chutes de verre et à les faire fusionner pour les sublimer. L’artiste positionne les chutes de verre et les regarde se mélanger sous l’effet de la chaleur. Il y a une part de surprise car la durée et les conditions de refroidissement peuvent magnifier ou casser l’expérience.

Il utilise aussi la technique du Roll – up. Il s’agit de préparer une plaque de murines (baguettes de verre coupées en morceaux) qu’on enroule autour d’elle-même grâce à un cylindre en fusion, une véritable alchimie de la forme et des couleurs.

Autre technique qui est un condensé de plusieurs savoir-faire : la pièce dans la masse. Elle consiste à attraper la matière -souvent de l’aluminium- en plusieurs fois dans une sorte de chorégraphie qui inclut autant le geste que l’imaginaire. C’est une expérience exaltante qui appelle une grande maîtrise.

« Enfant, je ramassais des cailloux. Je veux revenir au caillou, au minéral, à la géologie. Pour cela je dois savoir prendre des risques, repousser mes capacités techniques »

Création verrier

Le verre et le mouvement

Un couple hors pair, souffleurs de verre. Développant des univers proches, ils basent leur travail sur la collaboration et la complémentarité.

Le verre est soufflé à la canne. Le travail du verre est un travail en révolution, en mouvement. Il faut tourner autour d’un axe. C’est la rencontre entre souffle, chaleur et malléabilité.

Le verre est une matière capricieuse et délicate qui offre beaucoup de souplesse à certains paliers et qui impose une exigence extrême à d’autres étapes. Ce matériau se travaille entre 1160° et 800 °C. Le palier est très court. Il faut être à l’affût. C’est une matière vivante. Si on arrête de tourner, elle tombe.

Il s’agit de maintenir une attention aiguë et constante pour chaque état du verre. C’est une confrontation très rigoureuse avec la matière.

À travers leurs créations, ils mettent leur sensibilité au service des murmures de la terre. Ils vivent leur travail d’équipe comme une chorégraphie.

 « Travailler le verre est une danse »

Métallerie, Email d’art

Le champlevé : l’alliance de l’émail et du métal

Notre métallière et émailleuse d’art. Elle pratique volontiers le mélange des techniques qui permet de jouer avec les contrastes de matière, de texture, de rendu…mais elle affectionne tout particulièrement le champlevé. 

Cette technique est très exigeante, chaque étape demande beaucoup de temps et une grande précision. Sa spécificité : elle valorise le métal au même titre que l’émail.

Il faut d’abord graver le dessin sur la plaque de cuivre à l’aide d’un pinceau et d’un vernis de graveur. Ensuite la plaque est plongée dans du perchlorure de fer chaud (une substance toxique qui tache énormément et requiert beaucoup de précautions).

Après cette phase, elle pose l’émail sur la totalité de la pièce, dans les creux de la gravure comme sur les arrêtes de cuivre. Il s’agit d’être délicat car les différents émaux doivent se toucher sans se chevaucher sur l’arrête de cuivre (qui peut être aussi fine qu’une allumette). Cet exercice demande donc beaucoup de dextérité et de concentration.

Vient ensuite la cuisson puis le ponçage pour égaliser la couche d’émail avec le métal.

L’émail est très long à polir car il a la consistance du verre. Il faut donc procéder en plusieurs temps, avec des pierres différentes, commencer avec du gros grain pour finir avec du papier de carrossier à l’eau.

Enfin, il faut cuire une fois encore la pièce et la polir de nouveau. La pièce est désormais parfaitement plane, lisse et lumineuse !

 « Avec le champlevé, le métal joue un rôle dans le design même de la pièce »