Ferronnier-Forgeron : un rapport fusionnel avec le fer

« J’observe, je suis inspirée, je visualise et je crée »

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©cbuineau

Notre sélection se porte sur un de nos Talents, artiste résolument ancrée dans le travail de la forge, naturellement guidée vers le métier d’art ferronnier-forgeron. Un métier mêlant savoir-faire ancestral et créativité, au sein duquel les femmes sont peu nombreuses.

Depuis l’enfance, l’univers des Arts et des Matières stimule notre artiste. Ces deux éléments complémentaires la conduiront à s’accomplir aussi bien personnellement que professionnellement. En effet, après des études en graphisme qui la prédestinent à une courte carrière en broderie industrielle puis de cartographie en bureau d’étude, elle observe un certain manque : « Ma profession ne me permettait plus d’exprimer ma créativité ».

Elle choisit de se former au métier d’art ferronnier-forgeron, reflet d’un savoir-faire ancestral,
et c’est au toucher des matières que l’attirance opère : « Profondément manuelle, j’ai choisi le fer, une matière dure mais modelable lorsqu’on le travaille à la forge ». Alliant un sens artistique développé, la forge du métal est tout un art que notre artiste découvre avec passion. Plié, enroulé, étiré, torsadé, elle aime regarder le métal froid et solide s’assouplir sous ses doigts, et la matière rougie par les flammes de la forge illuminer l’atelier. Sa nouvelle vocation l’amènera à exercer ses talents auprès du designer Daniel Graffin, puis au sein d’ateliers de ferronnerie artisanale pendant une dizaine d’années.

Cependant, en elle sommeille le besoin de créer de ses mains. Alors le secteur de la ferronnerie d’art s’enrichit de la présence de cette femme créative et de son atelier au savoir-faire unique. Tous les jours, le métal reprend vie sous ses doigts habiles, et de ses mains surgissent ses œuvres marquées d’un certain style déclinant une thématique moderne et élégante : « j’avoue mon faible pour l’Art Nouveau et l’Art Déco, dont on perçoit l’esprit dans certaines de mes réalisations ». Les œuvres sont façonnées dans sa forge, en recherchant la perfection des volutes :
« J’attache une grande importance à la fluidité des courbes et à la subtilité des détails de mes objets ».
Sa signature est un gage de qualité et reflète la perfection.

L’art et la matière

« On peut s’exprimer à l’infini à travers la matière. »

Cela fait plus de 10 ans que notre artisan d’art œuvre dans son atelier situé entre mer et montagne.
Un atelier qui respire bon le bois et la créativité. Presque tomber dedans quand il était petit, il reconnaît que c’est la découverte de l’atelier de son grand-oncle qui a joué un rôle essentiel dans son envie de fabriquer de ses propres mains.

Aussi humble que talentueux, ce professionnel du bois se revendique avant tout comme un artisan. « Je fais mon métier à mon niveau et simplement. J’ai beaucoup de respect pour le mot artisan. »

Un savoir-faire autour du bois auquel il attache une grande importance : « le métier d’ébéniste est synonyme de respect de la matière noble que l’on travaille. »

Le respect de la matière est donc la base de son travail : « Pour moi, quand on abat un arbre c’est un acte important. Je ne souhaite pas que mes productions soient marquées par une mode quelconque. »

Ce jeune créateur est ancré dans son époque. Il s’attache cependant à créer des pièces imaginées et conçues pour durer. « Ce qui m’importe le plus c’est de faire des choses qui durent, à la fois robustes et intemporelles. » 

« L’ébénisterie va bien au-delà des meubles Louis XV, c’est avant tout une façon de travailler les assemblages en partant sur des lignes plus épurées. Même si le travail du bois est toujours fait dans le respect des techniques d’antan. Ici pas de clous, ni de vis. »

« Ce qui me plaît dans l’ébénisterie, c’est que les limites n’existent pas, on peut s’exprimer à l’infini à travers la matière. »

Avec plus de 10 années d’expérience, notre artisan passionné avoue que c’est la création qui lui procure beaucoup d’enthousiasme. « Aujourd’hui, je suis davantage sur le dessin, ce qui me plaît avant tout c’est de créer. »

MOSAIQUE

« J’utilise les techniques ancestrales pour réaliser des choses plus contemporaines, qui sont dans l’air du temps. »

mosaique

C’est après une année sabbatique que la vie de notre talent a basculé dans l’univers des métiers d’art. Après avoir travaillé plus de 14 ans dans le milieu de l’aviation commerciale, elle décide de partir se former en Italie sur le travail de la mosaïque.

« J’ai choisi de me former dans le berceau de l’art byzantin, à Ravenne. La mosaïque faite d’or et d’émaux est née ici. L’école de Ravenne dispense un enseignement sur cette technique ancestrale de l’utilisation de la marteline et du tranchet. Cette technique permet de couper les pâtes de verre artisanales, les marbres et autres pierres naturelles, qui ne peuvent pas être découpées à la pince. »

Notre mosaïste a commencé à produire des objets de décoration avant de s’intéresser à des chantiers plus importants. Aujourd’hui, elle propose des oeuvres pour des salles de bains, des fresques murales, des crédences de cuisine, des piscines…

« C’est ma formation initiale qui m’aide à concevoir des projets techniquement réalisables. Si la production de mosaïques me plaît, la capacité de répondre à un besoin technique enrichit mon expertise. Je suis à la fois capable d’imaginer, de créer ou restaurer en prenant en compte les éventuelles contraintes techniques comme la question de la résistance des matériaux selon la destination finale du projet. »

Avec son savoir-faire particulier et sa sensibilité artistique, notre mosaïste restaure aussi et remet au goût du jour des créations anciennes ou actuelles. Elle a récemment réalisé une restauration à l’identique d’une entrée de sol d’une villa datant de 1906  à Biarritz. Et un grand magasin de luxe à Paris a fait appel à son talent pour réaliser leur entrée de sol de leur nouvelle boutique. Notre mosaïste peut concevoir des décors sur différents supports comme des colonnes mais aussi des piscines.

« J’apporte un vrai savoir-faire notamment pour tout ce qui est hors-dimension. »

Son atelier regorge de productions très différentes, un éclectisme délibéré pour permettre à ses clients de trouver l’inspiration pour leurs projets.

« Je m’adapte entièrement à la volonté du client et l’aide dans sa recherche d’idées.»

Quand la brique est sculptée…

« Quand j’ai commencé à toucher à l’argile, cela a été le début d’une grande aventure. » 

ceramiste sculptrice

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Notre artisan d’art artiste, céramiste de talent s’adonne à une technique particulière de création depuis maintenant plus de quatre ans : elle sculpte sur briques.

« J’ai découvert une sculptrice anglaise qui évoquait une façon de réaliser des pièces monumentales sans avoir à utiliser le bronze. Elle sculptait dans la brique. J’ai immédiatement voulu apprendre cette technique qui me permettrait de créer des pièces pour l’extérieur sans craindre les intempéries. »

Notre céramiste s’est alors empressée de commander, à un briquetier local, environ 250 briques « crues » . Des briques avec cette propriété de ne pas être cuites et qui les rend, de ce fait,  « sculptables. »

C’est en 2014 que notre céramiste sculptrice a réalisé sa première œuvre monumentale appelée « Hymne à l’amour ». Cette sculpture de 1,80 de haut fut exposée lors d’un salon à la Rochelle avant d’être achetée par un Député Maire pour l’exposer au cœur de sa commune.

« Le but du jeu pour parvenir à cette réalisation est de faire une grande colonne de briques, puis je viens dessiner les personnages que je veux faire apparaître ; j’enlève peu à peu de la matière à l’aide de la raclette, de la mirette et c’est ce qui donne ensuite cette aspect « cuir » qui me permet de sculpter la terre sans qu’elle ne se déforme. L’argile est ni trop molle ni trop dure. »

« Dans tous les sens du terme, c’est une autre dimension, cela permet vraiment de montrer mon travail au grand public. »

Car cette artisan d’art artiste propose des créations entièrement sur-mesure où elle utilise son savoir-faire particulier pour la réalisation de pièces aussi touchantes que monumentales. Pour elle le travail de l’argile dans cette dimension est comme un aussi un exercice corporel.

« J’aime embrasser totalement l’argile, pouvoir faire travailler tout mon corps dans ce processus de création à la manière d’une danse. »

Tourneur sur bois

« Le bois est une passion qui évolue. »

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Déjà à 6 ans, cet artisan d’art fabriquait sa première étagère en bois. Une passion qui ne l’a jamais quitté. Il y a huit ans, il se lance et décide de faire évoluer son art « au fil de ses rencontres avec des morceaux de bois » dit-il.

« Je suis tourneur sur bois depuis maintenant huit ans mais à chaque fois l’expérience est complètement différente: en fonction du morceau de bois que je choisis, je vais l’observer avant de laisser libre court à mon inspiration. »

Au-delà de la compétence technique, cet artisan d’art à une vraie sensibilité artistique qui commence dès le choix de la matière : « il faut savoir choisir de bonnes pièces de bois en fonction de leur finalité. J’opte pour des bois secs comme des fruitiers, le hêtre ou le platane pour  les pièces qui vont concerner les arts de la table (assiette, bol, plat). En revanche, je privilégie des bois plus frais voire verts pour travailler sur ma collection de luminaires. Je réalise des sphères avec ces morceaux tout en laissant le bois travailler naturellement. »

« J’aime cette technique du creusage qui consiste à donner une forme propre au bois tout en gardant ses ouvertures naturelles. J’aime l’équilibre qui se crée naturellement entre le bois et le creux car la matière travaille en même temps que moi avec la force centrifuge. »

Ce passionné confie pouvoir rester des heures à observer et toucher un morceau de bois pour l’étudier avant d’avoir la vision de ce qu’il sera dix heures plus tard et de se mettre au travail.

« J’observe le morceau de bois, je le scrute, je l’étudie avant d’avoir un déclic et de savoir exactement ce qu’il va devenir quelques heures de travail plus tard. »