Sculpture sur bois

Histoire de … Amatasun

© Entre Terre & Talents

Rencontre avec notre artiste sculpteur basque autour d’une de ses pièces, Amatasun.

« Amatasun signifie maternité en basque. Cette sculpture, je l’avais dessinée avant de rencontrer le bois dans lequel je l’ai finalement sculptée. Un dessin peut attendre des années avant de rencontrer le matériau qui va lui permettre d’exister. La recherche de la graphie est un des canaux qui me mènent à l’émotion et donc au partage.

Prendre une essence de bois pour la maternité, une évidence. Le chêne était incontournable à mes yeux. Son veinage est beau, sa matière est très robuste et pourtant il bouge, jokatu, il travaille, contrairement au châtaignier, par exemple, qui encaisse nettement plus facilement les différences d’hydrométrie ou de température. Le chêne se dilate ou se rétracte selon la température ambiante, il est chargé de tensions, il est vivant. Pour moi, ses caractéristiques s’appliquent parfaitement à une sculpture évoquant la maternité.

D’ailleurs, c’est pour cette vertu qu’on a pu choisir le chêne pour bâtir les maisons basques qui durent des siècles et des siècles. Il contribue à l’âme d’une demeure à laquelle on appartient. »

Céramique

L’Argile, apaisante et sécurisante

Au Japon, l’art de la céramique occupe une place majeure dans le quotidien. C’est là-bas que notre artisan d’art a découvert l’art de la céramique.

« C’est en vivant au Japon que j’ai découvert l’art de la céramique où elle tient une place majeure dans le quotidien.

C’est en étant interprète entre le public japonais et des artisans émérites de la Maison Hermès que j’ai découvert l’artisanat d’art.

Depuis 6 ans, je transmute la matière primaire de l’argile en histoires que des chefs étoilés souhaitent raconter à leur clientèle exigeante et amatrice, participant ainsi, à ma modeste place, au dialogue contenant-contenu, enrichi de l’ADN du terroir basque en travaillant avec l’eau de la rivière locale, joliment nommée « La Joyeuse ».

D’utilitaire à ornementale, elle me permet d’explorer ma poésie à travers des surtouts de table, des supports parfums et sculptures à parfumer et autres applications décoratives.

Apaisante et sécurisante, elle m’offre d’accueillir dans son giron primitif des apprenants lors d’ateliers « Hemen eta orain ». »

Création verrier

Le verre : un retour au minéral

L’Art de souffler le verre. Depuis l’enfance, il est émerveillé par la botanique et les minéraux. Cette fascination s’exprime dans ses pièces.

En effet, il intègre dans le verre des formes inattendues, végétales ou minérales, des couleurs-textures prises dans le verre comme autant de fossiles. L’artiste aime créer l’apparence du naturel.

Le travail du verre est physique car il exige de l’endurance : il faut tenir la chaleur du four. Ce travail sur la transparence et ses nuances géologiques appelle diverses techniques. Tout d’abord le thermoformage qui consiste à récupérer de chutes de verre et à les faire fusionner pour les sublimer. L’artiste positionne les chutes de verre et les regarde se mélanger sous l’effet de la chaleur. Il y a une part de surprise car la durée et les conditions de refroidissement peuvent magnifier ou casser l’expérience.

Il utilise aussi la technique du Roll – up. Il s’agit de préparer une plaque de murines (baguettes de verre coupées en morceaux) qu’on enroule autour d’elle-même grâce à un cylindre en fusion, une véritable alchimie de la forme et des couleurs.

Autre technique qui est un condensé de plusieurs savoir-faire : la pièce dans la masse. Elle consiste à attraper la matière -souvent de l’aluminium- en plusieurs fois dans une sorte de chorégraphie qui inclut autant le geste que l’imaginaire. C’est une expérience exaltante qui appelle une grande maîtrise.

« Enfant, je ramassais des cailloux. Je veux revenir au caillou, au minéral, à la géologie. Pour cela je dois savoir prendre des risques, repousser mes capacités techniques »

Création verrier

Le verre et le mouvement

Un couple hors pair, souffleurs de verre. Développant des univers proches, ils basent leur travail sur la collaboration et la complémentarité.

Le verre est soufflé à la canne. Le travail du verre est un travail en révolution, en mouvement. Il faut tourner autour d’un axe. C’est la rencontre entre souffle, chaleur et malléabilité.

Le verre est une matière capricieuse et délicate qui offre beaucoup de souplesse à certains paliers et qui impose une exigence extrême à d’autres étapes. Ce matériau se travaille entre 1160° et 800 °C. Le palier est très court. Il faut être à l’affût. C’est une matière vivante. Si on arrête de tourner, elle tombe.

Il s’agit de maintenir une attention aiguë et constante pour chaque état du verre. C’est une confrontation très rigoureuse avec la matière.

À travers leurs créations, ils mettent leur sensibilité au service des murmures de la terre. Ils vivent leur travail d’équipe comme une chorégraphie.

 « Travailler le verre est une danse »

Métallerie, Email d’art

Le champlevé : l’alliance de l’émail et du métal

Notre métallière et émailleuse d’art. Elle pratique volontiers le mélange des techniques qui permet de jouer avec les contrastes de matière, de texture, de rendu…mais elle affectionne tout particulièrement le champlevé. 

Cette technique est très exigeante, chaque étape demande beaucoup de temps et une grande précision. Sa spécificité : elle valorise le métal au même titre que l’émail.

Il faut d’abord graver le dessin sur la plaque de cuivre à l’aide d’un pinceau et d’un vernis de graveur. Ensuite la plaque est plongée dans du perchlorure de fer chaud (une substance toxique qui tache énormément et requiert beaucoup de précautions).

Après cette phase, elle pose l’émail sur la totalité de la pièce, dans les creux de la gravure comme sur les arrêtes de cuivre. Il s’agit d’être délicat car les différents émaux doivent se toucher sans se chevaucher sur l’arrête de cuivre (qui peut être aussi fine qu’une allumette). Cet exercice demande donc beaucoup de dextérité et de concentration.

Vient ensuite la cuisson puis le ponçage pour égaliser la couche d’émail avec le métal.

L’émail est très long à polir car il a la consistance du verre. Il faut donc procéder en plusieurs temps, avec des pierres différentes, commencer avec du gros grain pour finir avec du papier de carrossier à l’eau.

Enfin, il faut cuire une fois encore la pièce et la polir de nouveau. La pièce est désormais parfaitement plane, lisse et lumineuse !

 « Avec le champlevé, le métal joue un rôle dans le design même de la pièce »